2. Changements géologiques et modifications de la biosphère. (Exemple : la crise crétacé-paléocène) Disparition, apparition, expansion et diversification des espèces et des groupes ; crises et coupures géologiques.
Des espèces disparaissent,
d'autres apparaissent en permanence. Des périodes de crise sont
marquées par des extinctions massives d'espèces et de groupes
systématiques, attestés par l'absence de fossiles correspondant
dans les strates plus jeunes. Ces crises sont utilisées pour marquer
des coupures dans les temps géologiques. La crise crétacé-paléocène
est marquée par la disparition totale, il y a 65 millions d'années,
des dinosaures, ammonites, de la majorité des espèces du
plancton marin. On a fait de cette crise la limite entre les ères
secondaires et tertiaire. Certaines formes, familles, genres, espèces
(insectes, foraminifères, plantes à fleurs...) survivent
à la crise. Ils se diversifient très rapidement dès
le début du tertiaire (apparition, par exemple des primates) en
occupant à nouveau toutes les niches écologiques.
3 L'évolution de la vie. Relations de parentés entre les êtres vivants.
a) Unité et diversité du monde vivant ; explication des faits observés.
L'échelle stratigraphique, couplée avec les mesures de radioactivité,
permet de connaître le cadre temporelle de l'évolution de
la vie. L'évolution est la seule explication scientifique qui rende
compte des constats : unité, diversité du monde vivant et
changements ayant eu lieu au cours des temps géologiques.
L'évolution implique une filiation entre les espèces ; les
espèces actuelles dérivent d'ancêtres communs plus
ou moins éloignés dans le temps ; une origine commune à
toutes les espèces est hautement probable.
b) Etablissement des phylogénies.
Des relations de parenté entre les êtres vivants peuvent être
proposées à partir de l'étude de caractéristiques
morphologiques, anatomiques et embryologiques d'organismes actuels et fossiles.
La recherche des parentés s'appuie également sur des comparaisons,
au niveau moléculaire, de séquences de gènes homologues
ou de produits de l'expression de ces gènes. La prise en compte
des résultats obtenus par ces diverses méthodes contribue
à établir des phylogénies.
Mécanismes de l'évolution. Innovation génétique ; conservation de l'innovation génétique.
Des accidents génétiques sont source d'innovations :
Les mutations jouent un rôle fondamental et sont à l'origine
des différents allèles d'un gène ; typiquement spontanées,
non orientées, elles interviennent avec une faible fréquence
mais peuvent toucher de nombreux gènes et devenir plus nombreuses
sous l'influence de certains facteurs du milieu.
Des duplications géniques peuvent intervenir et une évolution
divergente des duplicata produits peut expliquer l'apparition de gènes
nouveaux.
Des gènes nouveaux peuvent aussi résulter de la duplication
et de la réassociation de fragments de gènes préexistants.
La reproduction sexuée, en assurant la transmission aléatoire
des allèles et gènes nouveaux, favorise les combinaisons
allèliques originales.
Les innovations génétiques peuvent se traduire ou non dans
le phénotype. Si certaines mutations sont neutres, d'autres s'expriment
et peuvent même avoir des conséquences importantes, surtout
si ce sont des gènes du développement qui sont touchés.
La sélection naturelle, s'exerçant sur des populations soumises
à des conditions de milieu différentes, privilégie
la conservation des allèles ou associations allèliques favorables
dans les conditions écologiques du moment.
c) Isolement reproductif et spéciation.
La spéciation ou naissance d'espèces nouvelles à partir
d'une espèce-mère implique l'isolement reproductif entre
des populations de l'espèce-mère considérée.
L'isolement reproductif, donc la spéciation, peut résulter
de modifications génétiques indépendantes du milieu,
ou d'une divergence génétique lors de la séparation
géographique de populations de la même espèce. Une
grande parenté existe entre le matériel génétique
de l'homme actuel et celui des singes anthropomorphes. Elle induit l'idée
qu'il existe entre eux des relations phylogénétiques. Une
modification de certains gènes de régulation, en relation
avec des changements d'habitat, pourrait être intervenue dans l'évolution
humaine.
Evolution humaine et environnement.
Des méthodes permettent de reconstituer les paléo-environnements
dans lesquels la lignée humaine à évolué au
quaternaire.
4- Evolution biologique et changement de l'environnement : la lignée humaine. L'hominisation.
L'hominisation est l'acquisition progressive des caractéristiques
morphologiques, anatomiques, culturels de la lignée humaine, ainsi
que du langage. Les caractères, morphologiques, anatomiques, culturels
qui distinguent l'homme se sont mis en place à travers l'individualisation
rapide de formes humaines : certains australopithèques, homo habilis,
homo erectus, homo sapiens.
1- Aspects de l'histoire et de l'évolution de la terre.
a) Formation de la Terre et premières étapes de l'évolution de la vie.
La radioactivité de certains minéraux des roches permet de
calculer leur âge absolu. L'ensemble du système solaire, dont
la terre, s'est formé il y a 4,5 milliards d'années ? Constituée
progressivement par accrétion, la terre s'est différenciée
en enveloppes concentriques selon la densité de ses constituants.
Un dégazage de la planète, la condensation de l'eau, donnent
naissance à l'hydrosphère et à une atmosphère
dépourvue de dioxygène mais riche en dioxyde de carbone.
Quelle que soit l'origine (terrestre ou extraterrestre) , la terre primitive
était riche en molécules prébiotiques. Le mécanisme
du passage de ces molécules à la cellule est encore très
problématique. L'apparition des premiers êtres vivants - probablement
des bactéries - attestée notamment par les roches auxquelles
ils ont donné naissance, a lieu dans l'hydrosphère. Le dioxyde
de carbone atmosphérique est progressivement fixé par les
êtres vivants. La photosynthèse apparaît et produit
du dioxygène, d'abord fixé dans les roches puis libéré
dans l'atmosphère. La composition de celle-ci est ainsi modifiée.
Une partie du dioxygène libéré forme de l'ozone, constituant
progressivement en haute atmosphère une couche qui protège
les êtres vivants des rayons ultra-violets à courte longueur
d'onde. L'augmentation du taux atmosphérique de dioxygène
jusqu'au niveau actuel permet la respiration aérienne. Une liaison
étroite existe entre les premiers stades de l'évolution des
êtres vivants et les modifications de l'atmosphère terrestre.