Les rencontres à Visa pour l'image 03, 04 et 05 Septembre 2010

Palais des congrès Perpignan

Des fiches pédagogiques :

Deux expositions sur les services d’urgence et la police newyorkaise pour comprendre comment on raconte une histoire avec des photographies. S’il  est intéressant d’aborder avec les élèves la narration iconique en relation avec la production écrite, il est tout  aussi important de confrontrer le reportage photographique tel que l’a vécu et réalisé son auteur avec sa mise en scène à Visa.

Craig Walker propose de suivre le parcours « initiatique » d’une jeune recrue américaine, Ian Fisher, sur fond d’enlisement du conflit en Irak et de difficultés pour l’armée US à recruter. Au plus près de l’histoire personnelle et du récit de vie, quelle image du soldat, de l’armée, de la guerre, de la situation en Irak et de la société américaine nous est proposée par le photojournaliste ?

Deux sujets éloignés de notre quotidien et de nos préoccupations pour travailler le reportage comme genre photographique : G.. Herbaut nous conduit dans l’enceinte soi-disant sécurisée de Tchernobyl où se développent le trafic de métaux et la corruption. Nous voici dans la tradition du journalisme d’enquête, d’investigation : montrer ce qui est caché, illégal, dangereux, dérangeant. C. Gerbehaye descend le fleuve Congo. A l’heure des festivités marquant l’anniversaire de l’indépendance du pays, dans une zone difficile d’accès où peu d’occidentaux sont en capacité de se rendre, il nous montre comment s’organise au fil de l’eau activités économiques, vie sociale, pratiques religieuses. S’imposent la dimension informative du photojournalisme, mais aussi, par le jeu des légendes, la nécessaire contextualisation des photographies qui caractérise le reportage.

Nous proposons aux élèves de réfléchir aux représentations que nous avons de USA et à leurs origines (cinéma, séries télévisées, musique, codes vestimentaires), à partir de 4 expositions qui paraissent en donner une image différente. Fragilité d’un pays dont les photographes révèlent les faiblesses.
Cette exposition choisit de mettre en lumière les exclus new-yorkais : « Ces images que j’ai voulu respectueuses, mettent en contraste l’ombre et la lumière. Elles sont le reflet de ce que j’ai ressenti face à la beauté des lieux et des personnes, à la dignité et à la détermination des sans abris ». Ce reportage peut permettre aux  élèves de comprendre la spécificité du regard de Reese sur la misère sociale de son pays.
Plusieurs expositions nous montrent des pays et des communautés  où les pressions sociales et familiales sont très fortes sur les femmes et leur font violence. Elles nous permettent de réfléchir plus largement aux images stéréotypées que donnent encore trop souvent les médias des femmes et des jeunes filles, en décalage avec leurs rôles dans la société

La religion est une affaire privée, mais agit sur le domaine public. Dès lors, on peut la mettre en rapport avec le pouvoir, économique et politique, les faits de société et avec la guerre. Sujet délicat mais que les différentes expositions de Visa permettent d’aborder sereinement dans la classe.

Ces expositions présentent deux facettes du métier de photojournalisme, l'une au plus près de l'événement et de l'action, à « chaud », souvent en situation de risque ; l'autre résultant d’un travail sur le long terme qui relève de l’enquête et du documentaire. Elles permettent de comprendre ce que les images montrent et construisent de l'actualité.

Toutes les expositions présentent des textes et des photographies (titres, sources,  textes de présentation,  légendes). Mais ces textes ne sont pas tous de même nature et le rapport texte-image est différent suivant les  expositions. Comment les légendes des photos et les textes rattachés aux expositions précisent,  enrichissent,  guident,  perturbent la compréhension et le ressenti du spectateur ? Quelles informations apportent-t-ils ou pas ? Pourquoi ces textes sont-ils plus rarement soumis à l’analyse critique que les  images ?

A l’heure où les médias sont de plus en plus accusés de jouer sur l’émotion au détriment de l’information, il est intéressant d’analyser sous cet angle la rétrospective du travail d’O. Laban-Mattéi : « Que ce soit à Gaza, en Haïti, en Irak, en Géorgie, en Birmanie ou en Iran, j’ai rencontré les mêmes destins tragiques et toujours cette même dignité et ce même courage face à l’horreur ».

Visa pour l’image présente chaque année une ou plusieurs rétrospectives des grands noms du photojournalisme. Ces « morceaux choisis », révélateurs de l’impact d’une œuvre mais aussi de l’histoire du métier et de son évolution, sont présentés à côté de reportages au long cours dans des lieux d’exposition qui ne manquent pas de signification : couvent, chapelle, prison, caserne.

Notre lecture du monde est influencée par notre culture. Or beaucoup de journalistes exposés à Visa sont des occidentaux, appartenant à des agences de presse ou à des collectifs occidentaux. En outre, les situations photographiées (nature des événements, contextes, conditions de travail), leur histoire propre et leur personnalité, le degré d’empathie avec les acteurs…influencent leur travail. Se pose alors, au-delà même du débat sur l’objectivité-subjectivité du photojournalisme, le problème du regard qu’ils portent sur le monde. Que sont ces regards du «Nord » sur des pays du «  Sud » ?

Plusieurs expositions abordent cette année le fait religieux. Trois sont particulièrement intéressantes car elles concernent des religions différentes, des lieux singuliers, mais révèlent surtout au-delà des clivages dogmatiques des caractéristiques communes : rituels, décorums, couleurs, ambiances... Elles montrent  que les pratiques restent bien ancrées dans les cultures et permettent à certaines communautés de conserver dans un environnement de plus en plus complexe et ouvert des liens sociaux forts.


Pour consulter les fiches pédagogiques des années précédentes :
Visa année 2009
Visa année 2008
Visa année 2007
Visa année 2006
Visa année 2005
Visa année 2004
Visa année 2003
Visa année 2002