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de Montpellier
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Partager pour faire réussir les élèves
Scénario TraAM 2024-2025 : les élèves construisent un système de reconnaissance des végétaux à l’aide d’une IA non générative
Image d’illustration OpenAI. (2025). ChatGPT (Version 4o)
L'intelligence artificielle est souvent perçue par les élèves de collège comme un simple outil qui fournit des réponses toutes faites, les dispensant ainsi de l'effort de réflexion. De même, les outils numériques tels que les applications de reconnaissance (que ce soit des sons, des images ou des textes) ou les calculatrices sont fréquemment considérés par les élèves comme des sources infaillibles de vérité. Cependant, amener les élèves à concevoir eux-mêmes un programme de reconnaissance d'image leur permet non seulement de saisir le fonctionnement de ce type de technologie, mais aussi d’identifier les biais inhérents à ces systèmes. Ce processus incite les élèves à remettre en question les réponses fournies par ces outils, particulièrement lorsque celles-ci ne correspondent pas aux résultats attendus.
Séance réalisée en 2024-2025 avec des 6e alors que le cadre d'usage de l'IA en éducation n'était pas encore publié. Cette expérimentation est également réalisable à partir de la 4eme.
Comprendre les bases du machine learning appliqué à l'image avec « VITTASCIENCE » :
•Compétence :
Créer un système de reconnaissance des végétaux à l’aide d’une IA.
•Conditions :
La séance se déroule dans la cour. Les élèves sont en demi-groupe de 15 élèves maximum.
J’ai demandé l’assistance d’un deuxième adulte : AED, AESH, parents d’élèves.
•Déroulé :
Prérequis : Les élèves ont déjà fait une première séance sur la diversité des êtres vivants et l’utilisation d’attributs pour classer. Les élèves ont déjà fait une séance de classe dehors pour classer les animaux en utilisant des pancartes.
Après avoir distribué la fiche de consignes (voir annexe), on discute ensemble du fonctionnement d’un système de reconnaissance d’images et des critères à respecter pour les photos prises. Je choisis de ne pas les aider sur les critères et ne pas trop développer pour les laisser faire leurs propres erreurs et corrections. (10min)
•Exemple d’échanges avec les élèves :
Professeure : A quoi faut-il faire attention en prenant les photos pour la machine ?
Elève 1 : Prendre une photo nette et pas floue. Elève 2 : Prendre plusieurs photos. Elève 3 : Prendre plusieurs photos sous différents angles, luminosité… Elève 4 : Faut faire attention au fond aussi.
Les élèves se mettent en groupes de 3 et ont une tablette établissement par groupe.
Ils partent chercher les végétaux dans la cour et font l’entrainement de la machine. (30min)
Mise en commun avant la fin du cours pour tester ensemble et discuter des biais. (10min)
•Compétence :
Reconnaître et classer les végétaux à l’aide de votre système de reconnaissance d’images.
•Conditions :
La séance se déroule dans la salle de classe ou dehors. Les élèves sont en classe entière.
Je n’ai pas demandé l’assistance d’un deuxième adulte : AED, AESH, parents d’élèves.
•Déroulé :
Rappel sur la séance d’avant et consignes pour cette séance. (10min)
•Consignes : Les élèves sont par groupe de 3-4 avec une tablette. Ils ont 6 végétaux sans nom notés végétal 1, végétal 2… Ils doivent utiliser leur système de reconnaissance d’images pour reconnaître les végétaux. Ensuite, ils utilisent la classification emboitée donnée pour retrouver les attributs des végétaux trouvés. Et pour finir, ils ont des questions sur la fiabilité du système de reconnaissance.
Les élèves sont en activité pendant 30 min et on fait le bilan ensemble pendant 10 min.
Exemple 1 :
A gauche les données d’entrainement de l’élève. A droite l’image proposée à la reconnaissance et le résultat donné : 57% du Lierre et 21% du Laurier Rose …
J’ai demandé à l’élève : « Pourquoi la machine reconnait que c’est du lierre seulement à 57% ? »
Réponse de l’élève : « Mes photos de lierre ne doivent pas être bien. » Il est ensuite de lui-même aller voir ses photos de lierre pour faire une meilleure banque de données. Voici ce qu’il a trouvé dans sa première banque de données de lierre :

Les photos de Lierre prises par l’élève : l’élève a conclu qu’il n’y avait que 5 photos, des photos floues ou mal cadrées.
Exemple 2 :
A gauche les données d’entrainement de l’élève. A droite l’image proposée à la reconnaissance et le résultat donné : 72% du Laurier Rose … 
J’ai demandé à l’élève : « Pourquoi la machine reconnait que c’est du laurier rose et pas du romarin ? »
Réponse de l’élève : « Je me suis peut être trompée dans l’entrainement » Elle est ensuite aller voir les photos de sa banque de données. Voici ce qu’il a trouvé dans sa première banque de données : 
Les photos du Laurier rose prises par l’élève : l’élève a conclu qu’il n’y avait pas assez de photos de laurier rose à des échelles différentes et avec des fonds différents. Elle a aussi vu qu’elle avait mis des photos de végétaux qui n’étaient pas du laurier rose (tronc du pin et de la mousse). 
Les photos du romarin prises par l’élève : L’élève a conclu qu’il n’y avait pas assez de photos et que la branche de romarin était trop « moche » (dégarnie, abimée).
Les élèves écrivent sur les tables le pourcentage de reconnaissance pour chaque végétal. Le résultat n’est pas du tout celui qu’ils auraient aimé obtenir. La mousse est bien reconnue mais le reste non.


Les élèves répondent aux 4 questions suivantes :
Question 1 : Qu’est-ce qui pourrait expliquer que parfois l’application ne reconnait pas le bon végétal ?
Question 2 : Sur quels critères se base l’application pour reconnaitre le végétal ?
Question 3 : Comment améliorer/corriger la reconnaissance des végétaux ?
Question 4 : Pourquoi le pourcentage de reconnaissance des végétaux sur l’application est important ?

-Pour reconnaître, il faut d’abord connaître :
Sans une connaissance précise des plantes, il est impossible d’évaluer si l’IA reconnaît correctement ce qu’elle voit. Dans l’exemple de la séance, si un élève ne sait pas distinguer un romarin d’un laurier rose, il ne pourra pas juger si l’IA s’est trompée ou non. De plus, il lui sera difficile de corriger les erreurs d’entraînement, car il ne saura pas identifier les mauvaises photos (plantes mélangées, floues, mal cadrées). Ainsi, le savoir scientifique sur les végétaux (formes des feuilles etc…) est indispensable pour pouvoir vérifier la fiabilité de l’intelligence artificielle, et pour améliorer son apprentissage. Connaître les plantes, c’est donc la condition pour pouvoir reconnaître un bon ou un mauvais résultat.
-On n’entraîne bien que ce qu’on comprend bien :
Une IA ne devient performante que si les humains qui la nourrissent ont eux-mêmes une connaissance rigoureuse des données qu’ils lui fournissent. Lorsque les élèves créent leur propre système de reconnaissance des plantes, ils découvrent que la qualité de l’IA dépend directement de la qualité des photos et de la justesse de leur classification. Une photo mal prise, une plante mal identifiée ou confondue avec une autre, et l’IA sera biaisée. Cela montre qu’entraîner une IA, ce n’est pas simplement lui donner des images, c’est faire des choix éclairés, fondés sur des connaissances botaniques précises. Sans cela, même la technologie la plus avancée reste inefficace.
Lien vers les travaux d’élèves :
Groupe 1 : Avec données d'entrainement et des erreurs
Groupe 2 : Avec données d'entrainement et petite base de données
Groupe 3 : Avec données d'entrainement et grande base de données. Photos ok
Possibilité pluridisciplinaire : La machine learning peut être associée directement sur vittascience avec un programme scratch appelé « adacraft » ou un programme python. Le programme comprend un petit avatar qui donne le nom de la plante quand il la voit.
Séance réalisée par Margaux BERTHIER
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