Le protoxyde d'azote au collège
Académie
de Montpellier
Portail pédagogique académique de l'Académie de Montpellier
Partager pour faire réussir les élèves
C'est le drame ! un élève se réveille avec les yeux remplis de pus. L'application Antibiodrame aidera son médecin à choisir le bon antibiotique.
Niveau : classe de 3ème
Thème : virus, micro-organismes et interactions avec l’être humain
Objectif pédagogique : l'antibiogramme est utilisé pour mesurer l'efficacité des antibiotiques contre la prolifération bactérienne.
Compétence attendue : l'élève doit être capable d'interpréter un antibiogramme.
Lien avec l'évolution : cette étude permet de relier l'antibiorésistance (conséquence d'un usage excessif des antibiotiques) au mécanisme de la sélection naturelle.
Enjeux de santé et d'environnement : respect des prescriptions médicales pour limiter les impacts sur les écosystèmes et répondre à un enjeu majeur de santé publique.
Approche transversale : ce sujet permet d'évoquer le rôle de la recherche dans la mise au point de nouveaux traitements et peut être mené en collaboration avec le personnel de santé de l'établissement dans le cadre de l'éducation à la santé (démarche Ecole Promotrice de Santé)
Durée : 1 heure
Antibiodrame (simulation en ligne) : lien
Développée par Stéphane AGNIEL dans le cadre du Cercle numérique SVT de l'académie de Montpellier et hébergée sur la Forge de l'Éducation nationale. La simulation fonctionne sur tous les navigateurs sans installation en respectant les données des élèves. Elle s'appuie sur l'API Albert, intelligence artificielle souveraine développée par l'État français.
L'Antibiodrame n'a pas vocation à remplacer la manipulation réelle. La simulation d'antibiogramme, dans laquelle les élèves manipulent physiquement les matériaux et observent de véritables résultats, reste le socle de la démarche expérimentale. L'outil numérique vient pour renforcer la compréhension conceptuelle et mobiliser les apprentissages dans une situation de décision.
La simulation place l'élève dans une situation narrative concrète : au réveil, ses yeux sont collés et remplis de pus. Il prélève les microbes, les envoie au laboratoire, puis réalise lui-même un diagnostic en ligne. Son double objectif : soigner l'infection, tout en préservant l'efficacité des antibiotiques pour la planète. C'est l'entrée dans l'approche One Health.
Exemples de manipulation :
ENS Lyon : cliquer ici
Site SVT Marseille : cliquer ici
Pratiquer des démarches scientifiques
Formuler une hypothèse, analyser et interpréter des résultats pour en tirer des conclusions. Utiliser un protocole virtuel et noter des données.
Exercer sa pensée critique et argumenter
Justifier un choix thérapeutique en intégrant plusieurs critères
Garder un esprit critique sur l'aide apportée par le docteur Albert (une IA)
Comprendre les enjeux
Prendre une décision raisonnée face à un enjeu de santé publique mondiale, en tenant compte des intérêts individuels et collectifs.
Accroche et mise en situation : l'élève se réveille avec une infection oculaire
Découverte de l'interface et boîte témoin :
Les élèves ouvrent la simulation et commencent par placer le disque imprégné d'eau (H₂O) sur la boîte Témoin. Après incubation virtuelle de 24h, ils observent la colonisation complète de la boîte : la bactérie se développe normalement. Cette étape consolide la notion de témoin expérimental et de croissance bactérienne. Chaque élève teste successivement les antibiotiques disponibles dans la liste. Pour chaque antibiotique, il place le disque sur la boîte Test, lance l'incubation et note ses résultats sur la fiche papier : présence ou absence d'un halo d'inhibition, taille estimée, conclusion sur la sensibilité ou la résistance de la bactérie.
Une fois la mesure effectuée, l'élève discute avec le docteur virtuel (une IA accessible avec l'API Albert)
Prise de décision et approche One Health
Sur la base de leurs résultats, les élèves choisissent l'antibiotique à prescrire et justifient leur choix selon deux critères : l'efficacité (présence d'un halo d'inhibition significatif) et la préservation des traitements (privilégier un antibiotique peu utilisé afin de limiter la pression de sélection sur les bactéries).
Les élèves doivent comprendre qu'un choix thérapeutique individuel a des conséquences collectives et environnementales. Un antibiotique trop utilisé voit son efficacité décliner, non seulement pour le patient, mais pour l'ensemble de la population humaine, animale et des écosystèmes.

Correction collective et discussion sur les choix différents effectués par les élèves. Formalisation du concept d'antibiorésistance à l'échelle planétaire. Le professeur conclut en formalisant le triangle de l'approche One Health : humain — animal — environnement, et le rôle de chacun dans la préservation de l'efficacité des antibiotiques.

L'Antibiodrame illustre ce que le numérique éducatif peut apporter lorsqu'il est conçu par des enseignants, pour des enseignants : une ressource ancrée dans les réalités de la classe, respectueuse du cadre réglementaire, et résolument au service des apprentissages.
En articulant manipulation réelle et simulation numérique (Antibiodrame), l'enseignant dispose d'un continuum pédagogique cohérent. Les élèves manipulent d'abord, comprennent ensuite, décident enfin. La dimension One Health ancre cette connaissance dans un enjeu de santé publique mondial, donnant du sens à l'apprentissage bien au-delà de la mémorisation de définitions.
L'utilisation de l'API Albert — intelligence artificielle souveraine développée par l'État français — constitue par ailleurs une opportunité pédagogique pour aborder avec les élèves la question de la protection des données.
Auteur : Stéphane AGNIEL (stephane.agniel@ac-montpellier.fr)